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264 – Je veux un enfant… pas lui

« Je voudrais un bébé mais pas mon compagnon… »

« J’ai entendu l’appel de la forêt, tandis que mon homme actuellement garde champêtre est  sourd comme un pot ! »

« Je voudrais un enfant, il n’est pas prêt. Il m’a proposé un chat !!! »

Ce billet est pour Malorie et pour les autres personnes qui m’ont aussi posé cette question :

Entrons dans la fiction parentale :
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Il y a la fille qui attend que son compagnon soit prêt :

Tu te dis que vous avez le temps car vous êtes jeunes. C’est d’ailleurs pour cette raison que ton compagnon n’y pense pas. Tu te dis qu’avec le temps germera l’envie, donc tu attends… qu’il soit prêt. Tu le contemples, tu observes ses attitudes à l’égard des enfants de votre entourage et tu te convaincs qu’il progresse. Il est plus attentif, plus patient avec les enfants et l’envie d’un petit bébé va se déclencher très bientôt chez lui, c’est une question… de temps. Tu vises la trentaine pour arrêter la pilule et la trentaine sonne à ta porte sans que rien n’ait changé.
Il n’est toujours pas prêt. Tu as noté chacun des signes qui laisseraient indiquer un désir d’enfant chez lui comme une succession de victoires qui vous rapproche de cette famille que tu rêves tant fonder. Mais… parfois, tu ne comprends pas pourquoi, il lance brusquement qu’il n’en veut pas d’enfant. Et le temps passe encore. Tu analyses les signaux, les discussions, les « je sais pas », les « peut-être », les « pas tout de suite ». Rien. Comme à tes 30 ans, tu te dis « patience, dans quelques mois il sera prêt et tu deviens :

La fille qui a trop attendu :

Tu te réveilles à 40 ans et il te manque toujours quelqu’un. Tu voulais un enfant depuis que tu en avais serré dans tes bras. A la louche, tu devais avoir 12 ou 13 ans. Aujourd’hui, c’est trop tard, tu es ménopausée. C’est un vide mélancolique qui grandit dans ton ventre après 10 ans d’incompréhensions et un rêve raté. Tu regardes amèrement celui qui partage ta vie et tu lui planterais bien une fourchette au milieu front entre 2 bouffées de chaleur. Certes, on ne coche pas le désir de faire un enfant ou pas dans une case comme on répond à un QCM. Mais, il aurait pu faire preuve d’un peu plus de clarté ce lâche ! Il te répond qu’il t’avait bien dit qu’il n’était pas prêt. En retour, tu brandis sous son nez la liste complète de 20 ans de signaux positifs graduels qui, reliés entre eux par ton analyse rationnelle dessinent une courbe ascendante vers le « OUI, je veux un bébé ».

a) Tu te dis qu’envisager une séparation est bien effrayant. (Un peu comme faire un enfant finalement) Vous avez trimé tellement d’années pour installer votre vie que vous n’avez pas envie de déménager. Après tout, tu t’aies bien coltiné cet homme pendant 20 ans. Tu es habituée à sa présence et à ses ronflements nocturnes et il ne t’ennuie pas avec du foot. Ménopausée pour ménopausée, tu ne vas pas rebâtir 20 ans de vie à nouveau sur la tranche du 40-60 ans. Tu n’es plus à 20 ans prêt et tu n’as plus 20 ans.

b ) Tu te dis que ménopausée pour ménopausée, tu n’as plus rien à perdre contrairement à lui qui peut toujours se reproduire quand bon lui semblera. Monsieur a tout son temps, lui. Il n’avait pas besoin de réfléchir vite puisque le sablier des hommes ne coule pas à la même allure que celui des femmes. Les couples qui n’ont pas le courage de se séparer avant, finissent de se séparer après de toute façon. Tu aurais dû arrêter de te bercer d’illusions plus tôt le lâcher bien avant. La question de l’enfant est trop fondamentale. Cet enfant vivait dans ton cœur bien avant que ton compagnon y entre. Comment partager la vie avec celui qui t’a privé d’une famille ?

Il y a le compagnon qui change finalement d’avis :

Elle te saoule du matin au soir avec l’arrêt de sa pilule alors que vous êtes absolument peinards. Chaque fois que tu rends visite à tes amis qui ont des enfants ou que tu rentres à 4 h du matin rond comme un tonneau, tu es heureux de ne pas en avoir juste pour savourer ton réveil à 15 h du matin le dimanche. Pourquoi veut-elle anéantir ce paradis  ? Allons, soyons sérieux, elle est folle !
Un enfant ne représente que des charges, des ennuis et la privation de faire tout ce qui te rend heureux. Toi, tu veux partir en couple à Saint-Malo pour flâner main dans main sur la plage et faire du sexe. Tu ne veux certainement pas y aller pour démouler des pâtés de sable avec un seau en plastique, expliquant à Martin ton aîné qu’il ne faut pas noyer sa sœur tout en regardant ta montre afin de ne pas rentrer trop tard car il faut enchaîner le repas et rincer ce sable incrusté dans les maillots, les chaussures, la voiture avant de se coucher comme les poules pour « être en forme le matin » quand ils viendront te réveiller à 7 h sans pitié pour une matinée de folie à base de pâte à modeler et puzzle 0-6 ans. Tu es blasé car tu te dis que si tu quittes ta femme,  la prochaine sera pareille ou pire. Elle en voudra 4, des gosses ! La tienne au moins, tu la connais. Tu sais que même avec les années, elle est vivable. Tu songes toutefois à ta future vie de célibataire. Avec l’argent que tu disposeras pour toi seul, tu te vois en coupé avec des coups d’un soir ou des putes. Tu approfondis cette vision alléchante mais tu entrevois la lassitude. On se lasse de tout, de tout ce qui est nouveau, de tout ce qui est vieux, de ce qu’on a, de ce dont on a envie et même… des putes  ! La seule dont tu ne te lasse pas, c’est ta compagne. Parce que même s’ennuyer est agréable avec elle.  Alors tu lui as dit oui pour le bébé. Tu sais que sans cela elle risque de partir. C’est trop important pour elle, peut-être même plus important que l’amour qu’elle a pour toi. Tu lui as dit d’arrêter sa pilule car toi aussi, tu ressentais aussi un immense désir de paternité depuis quelques temps.

Il y a celui qui regrette avoir des enfants  :

Bien-sûr, tu les aimes.

De toute façon, affirmer l’indifférence ou le contraire est tabou. Tu te dis qu’ils t’ont volé ta vie. Tout leur est consacré. Tu ne t’attendais pas à sacrifier autant pour 5 minutes de risettes par jour. Tu repères les regards résignés des autres pères qui sont comme toi. Tu reconnais ceux qui ne parlent pas de leur famille au travail, ceux qui restent tard non pas par passion de leur métier mais pour ne pas rentrer chez eux. Parce qu’ils ne supportent plus les cris du soir, les devoirs, les bains et qu’ils savent qu’une fois la poignée de la porte d’entrée ouverte, le bruit et le branle bas de combat du soir envahissent tout. Tu n’en peux plus de faire semblant d’aimer faire des gâteaux au chocolat pour les occuper quand il pleut. Tu fuis toute activité avec eux et tu redoutes les 48 h consécutives du week-end plus que tout. Ton espace vital a disparu alors tu restes « travailler » tard. Tu regrettes. Tu assumes. Ta femme et toi passez la semaine a chercher comment les occuper le week-end.

Vous avez troqué les « week-end en amoureux » pour les « activités familiales » Concept derrière lequel se cache un choix par dépit. Pourquoi faire à plusieurs quelque chose que tu fuirais seul. Tu n’as pas envie d’aller au parc, encore moins à la piscine, te coller la file d’attente d’un musées avec des enfants, tu sais que par défaut une activité faite pour tout le monde c’est une activité faite pour personne. Tout le monde s’ennuie mais comme on a payé, on feint l’amusement, le bon moment en « famille ». Le concept de l’activité familiale, c’est comme choisir un film à 12, c’est toujours le plus fade qui gagne.

Tu pensais que tu t’habituerais. Ta famille se transforme petit à petit en prison. Avec ta femme, vous n’êtes plus amants, vous êtes parents. Vous vous faites relais de présences obligatoires pour garder les enfants pendant que l’autre fait les courses ou a un rendez-vous. La logistique t’a tout pris. Tu regardes la colocataire qui fût autrefois celle que tu as aimé. Tu n’arrives même plus à afficher le sourire de ton pilote automatique paternel. Tu ne peux plus voir ton salon en peinture. Tu n’as plus envie de franchir cette porte d’entrée. Tu commences à te renseigner sur le prix des locations d’appartements et…

a) Tu pars.

b) Tu restes.

Il y a les résistants :

Tu remarques que tu passes étrangement d’agréables journées. Tu sors à peine la tête des couches, ton enfant entre en CE2. Parfois, tu recommences à rires aux blagues de ta femme. Il t’arrive même d’apprécier être chez toi après 8 ans à vouloir fuir. Tu te demandes plus pourquoi tu n’aurais pas mieux fait de te casser une jambe le jour où vous avez décidé de faire un enfant. Tu as la sensation que ta famille aspire moins ta vie par une paille surtout depuis que vous faites du sexe 3 fois par semaine. Après 8 ans de disette, ça compte !

Tu sais bien qu’un couple sur 2 se sépare. Tu sais bien que faire des enfants décuple toutes les forces et révèle les failles puissance 10. La vie te bouscule à droite, la vie te bouscule à gauche, tu t’accroches. Une famille ne se crée pas seule. Tu coules des fondations, tu bétonnes. Tu essaies d’apporter le bonheur dont l’autre à besoin. Tu t’impliques dans les détails, dans chaque geste du quotidien voire ce qui peut paraître inutile. Tu rapproches, tu soudes. Tu essaies de plaisanter avec lui et parfois, il rit à tes blagues. Tu observes, tu fabriques du bien-être pour que tout le monde soit heureux d’être dans ce salon. Tu t’improvises architecte peaufinant chaque jour ce qui rend les liens de ta famille plus solides. Tu bétonnes, tu ferrailles, tu soudes. Tu crées des doses de bonheur, des grandes, des petites et tu les nourrit. Tu regardes l’effet que ça leur fait. Tu améliores, tu cimentes les brèches, tu veux que vous puissiez traverser le temps, les hauts et les bas. Tu bétonnes. Tu fondes ta famille.

C’est long, c’est fatiguant. Tu leur sers le bonheur que tu façonnes du mieux que tu peux et ces ingrats ne t’en laissent pas une part. Tu ferais bien une grasse-matinée. Tu as mal au crâne. Tu ne comprends pas de quoi il te parle. Il te dit qu’il vendrait bien le coupé pour acheter un break et aller à Saint-Malo plus souvent faire des châteaux de sable.

Il y a ceux qui doutent beaucoup avant de se lancer :

De http://www.papaherisson.com

Ils ont peur que ça bouleverse leur vie. Ils ont peur de ne pas savoir s’y prendre. Peur de donner la vie à un enfant dans un monde qui pourrait devenir invivable. Mais le temps passe : l’horloge biologique est implacable. S’ils ne se décident pas rapidement, le choix leur sera retiré définitivement à plus ou moins brève échéance. Alors ils décident juste de laisser faire la nature, un peu la peur au ventre, mais en se disant que de toutes façons ça ne viendra peut être pas. Et puis ça vient. Rapidement même. Et la peur se fait plus insistante : les doutes reviennent… jusqu’au moment où ils tiennent l’enfant dans leurs bras.  Et là ils comprennent :  la peur est toujours là, mais elle est étouffée dans cet océan d’amour envers ce petit être fragile qui est un peu eux deux.
Et : oui, ça bouleverse leur vie. Non, des fois ils ne savent pas s’y prendre : le mode d’emploi n’est jamais fourni. Oui, le monde qui les entoure leur fait parfois peur. Bien sur il y a la fatigue, bien sur l’équilibre du couple est perturbé, bien sur leur monde se met à tourner autour d’un nouveau centre. Bien sur tout n’est pas toujours rose. Mais finalement ils se disent quand même que le jeu en valait la chandelle.

Pour paraphraser Bernard Werber : Si on ne veut pas quand on peut, il y a des chances qu’on ne puisse plus quand on voudra.

 

Cette fiction parentale et familiale vous a été offerte par jeveux1bebe.com

Malorie, j’espère avoir répondu à ta question.

PS 1: Merci pour la participation de Papa hérisson et peut-être les futures vôtres si vous en avez envie.

PS 2 : Il arrive parfois à l’auteur de faire des fautes, (même souvent) mais elle fait des efforts pour s’améliorer. Vous pouvez les lui signaler par mail pour ménager son ego en public afin qu’elle ne passe pas sa journée en se disant « Zut, j’ai pas accordé le verbe au sujet… » Et elle arrêtera aussitôt de parler à la 3ème personne.

Prenez soin de vous

 

211 : L’appel de la forêt vue par un mec : Wako.

envie bébé,bébé

 

Bonjour Lecteur,

J’ai invité Wako sur le blog. Il a eu la gentillesse de jouer au post illustré.

Mais… vous savez comment sont les invités à qui l’on dit « Vas-y, fais comme chez toi ! » n’est-ce pas ? Impossible à cadrer !

Je vous laisse découvrir sa vision de l’appel de la forêt. Vous pouvez laisser un petit commentaire cela lui fera plaisir.

L'appel de la forêt par un mec

 

 

Pssst : La cuvée 2013 de la BD est de retour !
Je ferai une annonce plus visible demain.